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Trou 19 La lettre

Mon partenaire du samedi slice depuis quatre ans. Quatre ans de paniers de balles, de vidéos regardées le soir, de deux accessoires achetés puis rangés au garage. Sa phrase, à chaque fois qu’une balle part sur la droite : « je sais pas ce que je fais ».

Le problème, c’est qu’il ne savait pas non plus ce que faisait la balle. Il disait « je slice » pour désigner trois trajectoires différentes, dont deux qui n’ont pas la même cause du tout. Un jour de mars, un pro du club l’a regardé taper six balles, a posé du ruban adhésif sous la semelle de son fer 7 et lui a montré la marque : tout au talon, systématiquement. Ses clubs, achetés en série d’occasion, étaient nettement trop longs pour lui.

Ce n’est pas une histoire de miracle. Son geste n’est pas devenu bon en une après-midi. Mais il avait passé quatre ans à travailler un problème qu’il n’avait jamais nommé, avec des clubs que personne n’avait jamais mesurés.

C’est le sujet de cet article, et c’est aussi sa limite : je ne vous dirai pas comment swinguer, parce que je ne suis pas enseignant. Je vais vous montrer comment lire votre balle, parce que c’est de la physique et que ça s’explique. Une trajectoire n’est pas un jugement sur votre niveau : c’est un message assez précis pour qu’on puisse le décoder sans caméra.

La balle part avec la face, elle tourne avec l’écart

Deux choses se passent en un demi-millième de seconde, et tout le reste en découle.

Au moment du contact, la face de club pousse la balle. La balle quitte donc le club dans une direction qui suit très majoritairement l’orientation de cette face — pas votre alignement, pas la direction de votre swing, pas votre intention. La face. Si votre balle part systématiquement à gauche de votre cible, votre face est orientée à gauche à l’impact. C’est tout, et ce n’est pas discutable.

Ensuite vient la courbure, et c’est là que ça se complique. La tête de club ne se déplace pas exactement dans la direction où elle pointe : elle suit un arc, et l’orientation de cet arc au moment du contact s’appelle le chemin de club. Quand la face et le chemin ne pointent pas au même endroit, la balle est frottée obliquement au lieu d’être poussée droit. Elle prend un effet latéral, et cet effet la fait tourner en vol.

Le sens du virage suit une règle simple : la balle tourne toujours en s’écartant du chemin, du côté où pointe la face. Face ouverte par rapport au chemin, la balle part vers la droite en vol. Face fermée par rapport au chemin, elle part vers la gauche. Et l’ampleur du virage suit l’ampleur de l’écart : petit écart, petite dérive ; gros écart, banane.

Retenez la conséquence, qui est ce qui rend la lecture possible : le départ vous renseigne sur la face, la courbure vous renseigne sur l’écart entre la face et le chemin. Deux informations indépendantes, deux causes distinctes. Un joueur qui part droit et tourne fort n’a pas le même problème qu’un joueur qui part de travers sans tourner, même si les deux finissent dans le même rough.

Mon conseil : au practice, arrêtez de regarder où la balle atterrit. Regardez les vingt premiers mètres, puis la fin du vol. C’est gratuit, ça ne demande aucun matériel, et c’est la seule chose que la plupart des joueurs ne font jamais.

Le diagnostic ci-dessous applique exactement cette logique à vos réponses. Il ne corrige rien — il nomme.

Outil — 30 secondes

Que dit votre vol de balle

Ce qui ressort de cet outil n’est pas une leçon, c’est un vocabulaire. Une fois que vous savez dire « je pars à gauche et je tourne à droite » plutôt que « je slice », les conseils que vous lirez ailleurs deviennent triables : la moitié d’entre eux ne s’adressent pas à votre trajectoire.

Les cinq trajectoires de base

Cinq combinaisons couvrent l’essentiel de ce qu’un amateur produit. Elles se distinguent uniquement par le croisement des deux observations précédentes.

Le slice part à gauche de la cible puis vire à droite, parfois violemment. La face est orientée à gauche, mais le chemin l’est encore davantage : l’écart est ouvert et l’effet latéral pousse la balle vers la droite en fin de vol.

Le hook est son miroir. Départ à droite, virage à gauche, écart fermé. Il est nettement moins fréquent chez le débutant, et beaucoup plus fréquent chez le joueur qui a passé deux ans à corriger un slice.

Le push part droit à droite et ne tourne pas, ou presque. La face pointe à droite, le chemin la suit à peu près : rien ne fait tourner la balle, elle va simplement au mauvais endroit. C’est la trajectoire la plus trompeuse, parce qu’elle a l’air propre.

Le pull est le même phénomène à gauche : départ à gauche, vol droit, face et chemin alignés l’un sur l’autre mais tous deux à gauche de la cible.

Reste la trajectoire droite hors cible : belle balle, vol rectiligne, résultat à côté. Face et chemin sont d’accord entre eux, et tous les deux en désaccord avec votre cible. Neuf fois sur dix, ce n’est pas un problème de swing mais d’alignement — vous visez ailleurs que là où vous croyez viser.

TrajectoireCe que dit la direction de départ (la face)Ce que dit la courbure (l’écart face / chemin)
SliceFace orientée à gauche de la cibleChemin encore plus à gauche que la face : écart ouvert
HookFace orientée à droite de la cibleChemin encore plus à droite que la face : écart fermé
PushFace orientée à droite de la cibleChemin sensiblement aligné sur la face : pas d’écart
PullFace orientée à gauche de la cibleChemin sensiblement aligné sur la face : pas d’écart
Droite hors cibleFace alignée sur le chemin, les deux hors cibleAucun écart : le problème est l’alignement, pas le contact

Ce tableau se lit dans les deux sens, et c’est son intérêt. Vous pouvez partir de ce que vous voyez pour nommer la cause, ou partir d’un défaut supposé pour vérifier qu’il produit bien la trajectoire que vous observez. Quand les deux ne concordent pas, c’est que vous travaillez sur le mauvais problème.

Pourquoi le slice est la trajectoire de l’amateur

Un club de golf n’est pas symétrique. La tête est déportée sur le côté du shaft, elle a du poids, et à pleine vitesse elle doit tourner sur elle-même pour revenir face à la cible au bon instant. Cette rotation demande une coordination qui ne s’improvise pas. Le joueur qui n’a pas encore cette coordination arrive à l’impact avec une face qui n’a pas fini de se refermer — et l’écart ouvert s’installe.

S’y ajoute une seconde cause, plus insidieuse : le driver amplifie tout. Il a le shaft le plus long, la vitesse la plus élevée et le loft le plus faible du sac. Un même écart de face produit donc une banane au driver et une dérive discrète au fer 8. C’est pourquoi tant de joueurs se croient réparés aux fers et désespérés au driver, alors qu’il s’agit du même écart mesuré par des instruments différents.

Et puis vient le cercle vicieux, qui est le vrai sujet de cette section.

Quand une balle part systématiquement à droite du drapeau, le réflexe universel est de viser plus à gauche. C’est logique, humain, et mécaniquement contre-productif. En vous ouvrant vers la gauche, vous déplacez votre chemin de club vers la gauche lui aussi. Mais votre face, elle, continue instinctivement à chercher la cible réelle : le corps compense pour ne pas envoyer la balle dans le champ voisin. L’écart entre la face et le chemin ne diminue donc pas — il augmente. Vous obtenez un départ plus à gauche et un virage plus fort vers la droite. C’est-à-dire un slice plus large que celui que vous vouliez corriger.

Beaucoup de joueurs passent des années dans cette spirale, chaque compensation appelant la suivante. Le seul moyen d’en sortir est de vérifier d’abord où vous êtes vraiment aligné, ce qui demande une référence extérieure : personne ne juge son propre alignement de manière fiable, parce que la vision oblique du joueur ment.

Idéal pour : Savoir enfin où vous êtes réellement aligné

Bâtons d'alignement de practice

4.5/5 notre avis
  • Suppriment la principale illusion du practice : croire viser la cible
  • Un bâton au sol donne une référence que l'œil ne fabrique pas tout seul
  • Tiennent dans le sac et servent aussi au chipping
  • Le rapport information / prix le plus élevé de tout l'équipement golf

Le défaut : Ils ne diagnostiquent rien par eux-mêmes : ils vous disent où vous visez, pas ce que fait la face. Et posés au hasard sans référence de cible, ils installent une fausse certitude — ce qui est pire que rien.

Budget indicatif

10 à 30 €

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Lien partenaire Amazon : si vous achetez via ce lien, le site touche une commission, sans surcoût pour vous.

Corriger son slice au golf : les trois causes matérielles

Voici le point qui sépare cet article des centaines d’autres pages sur le sujet, et il tient en une phrase : trois paramètres matériels produisent exactement les mêmes symptômes qu’un défaut de geste. Aucun ne se voit. Aucun ne se sent. Et tant qu’ils n’ont pas été écartés, travailler son mouvement revient à réparer une porte qui ferme mal sans regarder si les gonds sont droits.

La rigidité du shaft. Un shaft se déforme pendant le swing et se redresse à l’approche de l’impact. Ce redressement participe à la fermeture de la face. Trop rigide pour votre vitesse, il ne se charge pas assez et la face arrive moins refermée : départ plus à droite, effet latéral qui l’y maintient. Trop souple, l’inverse, avec en prime une dispersion qui devient erratique dès que vous forcez. Le piège, c’est que la flexibilité ne se déduit ni de votre âge, ni de votre gabarit, ni de votre handicap. Elle dépend de votre vitesse et de votre façon de charger le club, et un joueur lent mais très nerveux ne se comporte pas comme un joueur rapide et régulier.

L’angle de lie. C’est l’angle entre le shaft et la semelle. S’il ne correspond pas à votre taille et à votre posture, la semelle n’arrive pas à plat : elle accroche par le talon ou par la pointe. Un talon qui touche en premier fait pivoter la face vers la gauche, une pointe qui accroche l’oriente vers la droite. Comme la direction de départ suit la face, votre balle part de travers avec un mouvement pourtant correct. C’est le paramètre le plus rapide à vérifier de tout l’équipement : du ruban sous la semelle, une planche de lie, six balles.

La longueur de club. Un club trop long éloigne le joueur de la balle et déplace le point d’impact vers le talon ; trop court, il produit l’inverse. Or un contact hors du centre de gravité de la tête fait tourner celle-ci sur elle-même au moment du choc, ce qui modifie l’orientation de la face — et ajoute un effet latéral que vous n’avez rien fait pour créer. C’est ce qui était arrivé à mon partenaire du samedi : une série d’occasion, montée pour quelqu’un d’autre, achetée sans que personne ne pose la question.

Ces trois paramètres se vérifient ensemble en une séance. Le fitting, dont l’article dédié détaille les prix et le déroulé, n’a d’ailleurs pas d’autre fonction : mettre des chiffres là où le joueur n’a que des sensations. Et si vous achetez votre première série, le sujet se pose avant l’achat, pas après — c’est tout l’objet du guide de la première série de clubs.

Idéal pour : Voir où la balle touche réellement la face

Spray d'impact pour face de club

4.3/5 notre avis
  • Montre le point d'impact exact, que la sensation situe presque toujours ailleurs
  • Révèle en six balles un problème de longueur de club
  • S'efface au chiffon, utilisable sur toute une séance

Le défaut : Le nuage de poudre part au vent et se dépose sur tout ce qui traîne : prévoyez de vaporiser à l'écart et à l'abri. Sur une face très usée, la trace se lit mal.

Budget indicatif

10 à 25 €

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Idéal pour : Contrôler l'impact et le lie sans nuage de poudre

Ruban d'impact adhésif

4.1/5 notre avis
  • Se colle aussi sous la semelle pour lire l'accroche talon ou pointe
  • Trace nette et durable, photographiable pour comparer d'une séance à l'autre
  • Utilisable en intérieur, contrairement au spray

Le défaut : Chaque bande est à usage unique et le coût par séance grimpe vite si vous l'utilisez à chaque balle. Réservez-le aux séries de contrôle, pas à l'entraînement courant.

Budget indicatif

8 à 20 €

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Ce que trente minutes de mesure donnent

Un moniteur de vol, ou une séance chez un pro qui en possède un, produit en une demi-heure ce que des mois de practice à l’aveugle ne produisent pas : l’orientation de la face et le chemin de club, chiffrés, coup après coup, côte à côte.

La différence n’est pas de degré, elle est de nature. Sans mesure, vous savez que la balle tourne mais vous ignorez lequel des deux paramètres a bougé — et comme les deux sont couplés dans la sensation, vous pouvez très bien « corriger » celui qui allait bien. Avec la mesure, vous voyez immédiatement si votre face est stable et votre chemin instable, ou l’inverse. Ce sont deux chantiers différents, avec deux interlocuteurs différents : le premier peut être matériel, le second est presque toujours du ressort de l’enseignant.

L’autre apport, plus désagréable, est la dispersion. Presque tout le monde surestime sa régularité, parce que la mémoire retient le beau coup et efface les autres. Voir dix frappes affichées ensemble recalibre une saison entière d’illusions.

Idéal pour : Chiffrer face et chemin plutôt que les deviner

Moniteur de vol portable

4.4/5 notre avis
  • Sépare enfin ce qui vient de la face de ce qui vient du chemin
  • Affiche la dispersion réelle, toujours plus large que l'idée qu'on s'en fait
  • S'emporte au practice comme au parcours
  • Se complète plus tard par un écran sans être remplacé

Le défaut : La précision varie fortement selon la technologie et le prix, et les modèles d'entrée de gamme donnent des chiffres absolus discutables. Utilisez-les pour comparer vos coups entre eux, pas pour recalculer tout votre jeu de fers.

Budget indicatif

500 à 2 500 €

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Idéal pour : Répéter chez soi entre deux séances mesurées

Filet de practice de jardin

4.0/5 notre avis
  • Permet de travailler le contact sans dépendre des horaires du practice
  • Se combine au spray et au ruban : la trace se lit même sans voir le vol
  • Se monte et se replie en quelques minutes sur les modèles à arceaux

Le défaut : Un filet ne montre aucune trajectoire, donc aucun écart face / chemin : il entretient la répétition mais ne diagnostique rien. Utilisé seul, il permet de répéter une erreur avec beaucoup d'assiduité.

Budget indicatif

80 à 400 €

Voir le prix sur Amazon

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Mon conseil : si vous devez choisir entre trente séances de practice et une séance mesurée, prenez la séance mesurée. Les balles ne coûtent pas cher, mais quatre ans de travail sur le mauvais paramètre coûtent une pratique entière.

Ce qui ne marche pas

Les gadgets anti-slice. Clubs à face pré-fermée, poids déportés, accessoires qui contraignent le poignet : ils ne corrigent pas l’écart entre votre face et votre chemin, ils le masquent. Le temps d’une séance, la balle part droit et l’achat semble justifié. Mais vous venez d’apprendre à jouer avec une compensation, ce qui rend le retour à un club normal plus difficile qu’avant. Le seul accessoire qui vaut son prix dans cette catégorie est celui qui informe — spray, ruban, bâtons, appareil de mesure. Aucun d’eux ne prétend corriger quoi que ce soit, et c’est précisément pour ça qu’ils servent.

Les corrections par compensation. Viser à gauche, on l’a vu, aggrave l’écart. Mais ce n’est pas la seule : ralentir le swing pour « garder le contrôle », serrer les mains plus fort, ouvrir la position au dernier moment. Toutes fonctionnent quelques coups, et toutes ajoutent une couche de plus à démonter le jour où vous déciderez enfin de traiter la cause. Un défaut simple corrigé tôt vaut mieux qu’un défaut simple recouvert de trois compensations.

Les vidéos qui donnent un « truc » sans connaître votre cause. Elles ne sont pas malhonnêtes ; elles s’adressent à un joueur moyen qui n’existe pas. Un conseil destiné à quelqu’un dont le chemin part trop vers la gauche appliqué par quelqu’un dont la face reste ouverte produit un résultat pire que l’inaction. C’est exactement pour cela que la lecture vient avant tout le reste : elle vous permet de trier ce qui s’adresse à vous.

Changer de driver. Un driver plus tolérant réduit les conséquences des frappes décentrées, ce qui est réel et mesurable. Il ne change ni votre chemin ni votre orientation de face. Si vous n’avez pas encore lu votre balle, le nouveau driver slicera aussi, simplement un peu moins loin dans le rough. Le budget est mieux placé dans une séance de mesure, et le guide de l’équipement détaille cet arbitrage poste par poste.

Corriger un slice, oui — mais avec quel argent

Une objection mérite d’être prise au sérieux avant d’engager quoi que ce soit dans ce chantier : les routes possibles n’ont pas le même prix, et de très loin. Trois leçons, un filet dans le jardin, un fitting de driver, une installation indoor complète — ce sont quatre dépenses sans commune mesure, et c’est en général le premier vendeur croisé qui tranche à votre place.

L’outil ci-dessous classe ces postes à partir de votre niveau, de la place dont vous disposez et de ce que vous pouvez y mettre cette année. Sur un slice, il renvoie souvent vers l’enseignement plutôt que vers le matériel — et c’est le conseil dont ce site tire le moins.

Arbitrage — 40 secondes

Où mettre votre budget golf

Si l’arbitrage vous met les leçons en premier, prenez-le au sérieux : tout ce qui précède sert à nommer votre trajectoire, pas à la corriger. S’il désigne le practice à domicile, un filet dans le jardin vous donnera la répétition qui manque entre deux séances mesurées. S’il désigne le fitting, revenez aux trois causes matérielles ci-dessus : elles se vérifient toutes en une séance. Et s’il désigne l’indoor, un simulateur, même en configuration minimale, ajoute la donnée chiffrée à chaque balle — ce qui reste le seul argument sérieux en sa faveur.

Par quoi commencer, samedi prochain

Prenez un panier et ne tapez que des fers 7. Sur chaque balle, notez deux choses seulement : où elle part par rapport à votre cible, et dans quel sens elle tourne ensuite. Vingt balles suffisent à faire apparaître une tendance, et cette tendance a un nom — celui de l’une des cinq trajectoires du tableau plus haut.

Ensuite, avant de chercher quoi que ce soit à changer dans votre mouvement, posez la question que personne n’avait posée à mon partenaire du samedi : qui a mesuré ces clubs, et pour qui ont-ils été montés ? Si la réponse est « personne » et « quelqu’un d’autre », commencez par là.

Le reste appartient à un enseignant, et c’est une bonne nouvelle : ça veut dire que vous saurez enfin quoi lui demander en arrivant.

Questions fréquentes

Corriger son slice au golf : par où commencer ?
Par la lecture, pas par le geste. Regardez d'abord où la balle part par rapport à votre cible, puis dans quel sens elle tourne ensuite. Ces deux informations suffisent à nommer votre défaut : la direction de départ dit l'orientation de la face à l'impact, la courbure dit l'écart entre cette face et le chemin de club. Un slice classique part à gauche puis tourne à droite. Un push-slice part déjà à droite et continue. Ce ne sont pas les mêmes causes, et les mêmes conseils ne marchent donc pas sur les deux. Une fois le défaut nommé, seules deux choses le résolvent : une séance avec un enseignant, ou une vérification du matériel si vos clubs n'ont jamais été mesurés.
Pourquoi ma balle part à gauche puis part à droite ?
Parce que la face de club et le chemin de club ne pointent pas au même endroit. La balle quitte la face en suivant très majoritairement l'orientation de cette face : si elle part à gauche, la face est orientée à gauche de votre cible à l'impact. Ensuite elle tourne, et ce virage vient de l'écart entre la face et la trajectoire suivie par la tête de club. Une face à gauche traversée par un chemin encore plus à gauche produit un effet latéral qui ramène la balle vers la droite. C'est de la physique de contact, pas une fatalité personnelle : le même écart produira le même virage chez n'importe qui.
Un shaft trop rigide peut-il provoquer un slice ?
Il peut produire les mêmes symptômes qu'un défaut de geste, ce qui est déjà bien assez pour vous égarer pendant des mois. Un shaft trop rigide pour votre vitesse a tendance à laisser la face moins refermée à l'impact, et la balle part alors plus à droite avec un effet latéral qui l'y maintient. Un shaft trop souple produit l'inverse. Le problème n'est pas qu'un shaft cause un slice à lui seul : c'est qu'il déplace le résultat sans que vous puissiez le sentir. Personne ne devine sa flexibilité optimale, et personne ne la déduit non plus de son handicap. Cela se mesure, en trente minutes, avec un appareil.
Qu'est-ce que l'angle de lie et pourquoi change-t-il ma direction ?
L'angle de lie est l'angle formé entre le shaft et la semelle du club. S'il ne correspond pas à votre taille et à votre posture, la semelle ne repose pas à plat au moment de l'impact : elle accroche par le talon ou par la pointe. Un club dont le talon touche en premier oriente la face vers la gauche, un club qui accroche par la pointe l'oriente vers la droite. Et comme la direction de départ suit la face, votre balle part de travers avec un swing pourtant correct. C'est le paramètre le plus facile à vérifier de toute la panoplie : une planche de lie et du ruban adhésif sous la semelle suffisent chez un club-fitter.
Les gadgets anti-slice fonctionnent-ils vraiment ?
La plupart ne corrigent rien, ils compensent. Un club à face fermée d'usine, un poids déporté ou un accessoire qui contraint le poignet peuvent redresser la balle le temps d'une séance, mais ils ne touchent pas à ce qui produit l'écart entre votre face et votre chemin. Deux effets s'ensuivent. D'abord, vous apprenez à jouer avec la compensation, donc l'écart s'installe. Ensuite, le jour où vous reprenez un club normal, le défaut est là, souvent plus marqué. Le seul accessoire qui vaut réellement son prix est celui qui vous informe : spray d'impact, ruban, bâtons d'alignement, appareil de mesure. Informer, pas corriger.
Faut-il viser plus à gauche quand on slice ?
C'est la correction intuitive, et elle aggrave mécaniquement le problème. En visant plus à gauche, vous déplacez votre alignement et votre chemin de club encore plus vers la gauche, alors que la face, elle, continue de chercher la cible réelle. L'écart entre les deux augmente donc, et c'est précisément cet écart qui crée la courbure. Résultat : la balle part encore plus à gauche et tourne encore plus fort vers la droite. Beaucoup de joueurs entrent ainsi dans une spirale où chaque compensation appelle la suivante. C'est l'un des rares cas au golf où le réflexe naturel est l'exact inverse de ce que dit la physique.
Un moniteur de vol sert-il à autre chose qu'à mesurer la distance ?
La distance est la donnée la moins intéressante qu'il produise. Ce qui change une séance, c'est de voir l'orientation de face et le chemin de club chiffrés côte à côte, coup après coup : vous cessez de deviner et vous savez lequel des deux bouge. Vous voyez aussi votre dispersion réelle, qui est presque toujours plus large que l'idée qu'on s'en fait. Les modèles d'entrée de gamme donnent des chiffres absolus discutables mais des tendances fiables, ce qui suffit largement pour ce travail. Utilisez-les pour comparer vos coups entre eux, jamais pour annoncer une distance à table.
Combien de temps faut-il pour corriger un slice ?
Le nommer prend une séance. Le corriger dépend entièrement de sa cause, et c'est pour cela que les délais annoncés sur internet ne veulent rien dire. Si l'origine est matérielle — shaft inadapté, lie de travers, club trop long — la correction est immédiate le jour où le club est ajusté, parce que rien dans votre geste n'a besoin de changer. Si l'origine est un défaut de mouvement installé depuis des années, comptez plusieurs mois de travail encadré, avec des rechutes. Ce qui est certain, c'est que travailler à l'aveugle sans savoir dans quel cas on se trouve rallonge le délai indéfiniment.

Qui a écrit cet article

Baptiste S.

Fondateur et rédacteur · bs-media

Je joue en amateur, le week-end, avec l'index de quelqu'un qui progresse par paliers et régresse à chaque hiver. Ce site est né d'un constat simple : sur le matériel et les services autour du golf — simulateurs, fitting, séjours — presque tout ce qu'on lit en français est écrit par quelqu'un qui vend le produit. Je publie ici ce que j'ai testé, mesuré ou fait chiffrer, avec les chiffres et les devis. Je ne suis pas enseignant : dès qu'il s'agit du geste, je renvoie à un pro.

  • Je teste avant d'écrire, ou je dis clairement que je n'ai pas testé.
  • Je nomme ce qui ne vaut pas son prix, y compris quand ça se vend très bien.
  • Aucun tarif n'est donné comme définitif : les fourchettes sont indicatives et datées.
  • Sur le geste et la technique, je renvoie à un enseignant. Ce n'est pas mon métier.

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